CAE Chatelaudren

La vie coopérative

Avant de démarrer mon activité de traducteur indépendant, je me suis interrogé, comme tout entrepreneur plongeant dans le grand bain, sur le statut juridique que je devais choisir. Autoentrepreneur ? Entreprise individuelle ? Ou autre… Après une longue période de réflexion, j’ai décidé de rejoindre une coopérative d’entrepreneurs, la coopérative d’activités et d’emploi des Côtes d’Armor (https://www.cae22.coop/).

Ce choix peut apparaître, pour certains, incongru, déroutant voire risqué… Qu’ils se détrompent ! Après quatre années, ce choix est en fait, au fil du temps, devenu une évidence. Pourquoi ? Mon argument principal est le sentiment d’appartenir à une communauté. En effet, les entrepreneurs ont très souvent le sentiment d’être isolés, de sentir seuls ou de vivre en vase clos, avec le risque du coup de blues au moindre pépin, à la moindre chute d’activité. Appartenir à une coopérative, à une communauté permet de briser l’isolement, de trouver des solutions en s’inspirant des autres et de se faire remonter le moral par des collègues qui, eux aussi, ont connu des moments de doute mais qui ont su se relever. Par ailleurs, il est gratifiant et enrichissant de rencontrer des entrepreneurs venus d’horizons totalement différents, bâtiment, développement web, architecture, formation, restauration, ou agroécologie. Cela permet notamment de s’inspirer de choses qui fonctionnent quand les idées viennent parfois à manquer.

Par ailleurs, je tiens également à « tordre le cou » à beaucoup de préjugés concernant le monde coopératif. Non, les membres de coopératives ne sont pas des hippies, des éleveurs de chèvres perdus au fin fond de je ne sais quelle campagne ou des oisifs ! Ce sont de vrais entrepreneurs, comme les autres, compétents, dévoués et qui ne ménagent ni leur temps ni leurs efforts pour réussir. D’ailleurs, il existe de nombreuses coopératives dans la plupart des secteurs économiques dont, peut-être les plus connues d’entre elles sont issues du monde agricole comme Savéol, Prince de Bretagne, L’Atelier Paysan ou comme Biocoop, dans le secteur de la distribution. Sans oublier, le Crédit Mutuel, une « banque coopérative, qui appartient à ses 8,9 millions de clients-sociétaires ». Et il y en a bien d’autres… Regardez autour de chez vous, je suis sûr que vous trouverez des entreprises dont vous ne soupçonnez nullement qu’elles sont des coopératives.

Vous comprendrez, donc, désormais les raisons qui m’ont poussé à rejoindre le monde coopératif, un modèle entrepreneurial qui possède de nombreux avantages par rapport au modèle classique, qui mériterait d’être mieux connu et d’occuper plus souvent le devant de la scène économique.